ON VEUT DU OUTDOOR !

Oxygéner son corps et son esprit, est-ce désormais un concept de dinosaure de l’ère mésozoïque ? Ah non !

Est-il étrange ou illusoire, utopiste, d’imaginer qu’un enfant qui joue en plein air va profiter de tout l’espace qui lui est offert pour courir, crier, sauter, rouler, faire des galipettes tandis qu’il sera au contraire plutôt tranquille, délicat dès lors qu’il sera confiné dans des intérieurs quels qu’ils soient ?

Mon expérience m’indique qu’en effet, ces notions sont des logiques d’adultes que les petits n’ont pas encore adoptées. Il leur faudra du temps, suffisamment de temps avant de se comporter comme tel, alors patience !

En attendant, je souhaite profiter du présent et m’étonner comme toujours devant le calme et la sérénité ambiants, quand mes enfants jouent dehors, et que je suis moi-même en extérieur avec eux.

Galoper, gambader, se cacher, s’échapper, ne pas s’arrêter un instant, c’est ce qu’ils sont, en intérieur quand ils sont enfermés  trop longtemps et c’est dans ces instants un peu pénibles que le fameux « vas prendre un peu l’air » de mon enfance prend tout son sens.  

Oui, quand nous sortons prendre l’air, et pas n’importe quel air, le bon, le frais, celui qui nous éloigne le plus possible de ces vies citadines où tout nous enferme, je vois presque systématiquement des bambins de tous âges, même nourrissons, connectés avec les éléments de la nature. Des gamins qui gonflent leur poitrine dès qu’ils franchissent le seuil de leur porte pour respirer un coup.

Je perçois des garnements sereins, heureux, curieux, éveillés. Ils deviennent tout à coup, de vrais explorateurs, des chercheurs, minutieux, méticuleux, avides de découverte, observateurs face aux détails que peut nous offrir mère nature.

Cailloux, sable, feuilles, gazon, fleurs, flaques d’eau, pommes de pin, fraises, cerises, orages, olives, figues, mer, fourmis, papillons, poissons, chiens, chats, chevaux, ânes, moutons, tortues, grenouilles, vent, nuages, terre, ciel, rien n’est laissé au hasard…tout est examiné, touché, escaladé, senti, mangé, joué de toutes les manières possibles.

Je ne regretterai jamais d’avoir pris cette immense décision à la naissance de ma fille de revenir vivre dans mon village natal. Cela m’a fait faire quelques sacrifices mais les gains en contrepartie se sont avérés immensément grands. J’ai la chance incroyable de pouvoir en quelques pas me retrouver dehors avec les petits, dans un contexte sécurisé, et les voir joyeux n’a pas de prix. Je ne me lasse pas de capturer tout ça avec mes yeux, mes oreilles et mon cœur.

Les regarder s’épanouir des heures durant, les laisser s’éveiller et toucher pour de vrai tout ce que nous apprenons à travers les livres, le dessin, la peinture, la musique. C’est un incroyable cadeau au quotidien.

Je le dis, et j’insiste, mes 2 poings lourdement posés sur la table…ne négligez pas les sorties en plein air. Organisez de petites expéditions avec vos chérubins, juste pour toucher la nature, juste pour parler de ça. Trouvez des environnements à proximité de chez vous pour les jours de semaines, roulez un peu les weekends ou pendant les vacances pour vous retrouver dans des contextes sûrs, où le moins d’interférences viendront gâcher ces jolis instants. Dénichez des environnements où toute inquiétude, tout stress sera loin de vos esprits pour laisser les petits s’amuser sans dire non à tout à chaque instant. Choisissez des endroits sans voitures, sans routes trop rapprochées. Laissez vos enfants courir, s’éloigner légèrement, s’exprimer et découvrir, s’allonger, salir, courir, tomber un peu. Ils n’en seront que plus détendus une fois rentrés chez eux.

Et quel bonheur, de leur apprendre les valeurs des choses simples, du paisible, de la tranquillité, du respect de notre monde. Quel plaisir de leur montrer de temps en temps comment nous vivions enfants sans toutes ces stimulations virtuelles permanentes.

C’est aussi une belle manière pour nous adultes de profiter de nos aimés en les regardant rire aux éclats à l’aboiement d’un chien, au toucher de la tortue, au vent dans leurs cheveux, à la pluie sur leur visage, à l’orange cueillie dans l’arbre, à l’eau glacée de la rivière sur leurs petits orteils, aux coqs qui chantent à leurs oreilles, à la course aux canards, à la fleur qui chatouille le nez, à la branche feuillue offerte aux boucs qui se battront cornes à cornes pour attraper les premiers notre présent. Jardinez ensemble, plantez, cueillez, mangez ce que vous récoltez. Vivez avec les saisons, ramassez les champignons et les feuilles jaunes ou rouges, faites des bonhommes de neige, soufflez à en éclabousser les pissenlits, comparez vos coquillages, construisez des cabanes…n’oubliez pas qui vous étiez et ce qui vous apaisait.

Il fait froid ? Qu’importe, habillez-vous ! Il fait chaud ? Choisissez vos heures et protégez-vous.

Utilisez tous vos sens et montrez à vos enfants ce que vous savez, les mots, les jeux.

Apprenez à prendre le temps. Enseignez à bébé, rappelez à l’enfant, à l’adolescent, au jeune adulte à savoir s’émerveiller des petites choses, à savoir s’attendrir devant la vie.

Apprenez-leur que le bonheur c’est aussi tout ça.

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